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The Rt Hon Alok Sharma MP
COP President Designate
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London SW1A 2AS

29 octobre 2021

De: Lauréats du KBF Prix Afrique

De la crise climatique aux opportunités : ce que les innovateurs africains apportent à la COP

Monsieur le Président,

Alors que vous vous apprêtez à présider la 26e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26) qui se tiendra à Glasgow le mois prochain, vous avez reconnu les grandes difficultés auxquelles l’Afrique est confrontée en raison du réchauffement climatique, que notre continent de 1,4 milliard d’habitants, dont la moitié a moins de 20 ans, n’a pratiquement pas contribué à créer.

Vous savez que de nombreux gouvernements africains se sont fermement engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre et comptent sur la COP pour obliger les pollueurs les plus riches à contribuer au financement de la gestion prudente par l’Afrique de ses grandes forêts qui absorbent le carbone, du développement de vastes potentiels énergétiques propres et de ses investissements dans les technologies qui protégeront notre planète commune tout en permettant aux Africains de partager les avantages de l’industrialisation.

En tant que leaders d’organisations africaines profondément engagées dans nos communautés, et en tant que lauréats du KBF Prix Afrique*, nous avons été particulièrement frappés par une remarque que vous avez faite l’année dernière lorsque vous avez encouragé les entreprises britanniques à investir sur notre continent. Vous avez dit : “Quand l’Afrique réussit, le monde réussit”.

En effet. Et nous ajouterions : “Lorsque l’Afrique innove, le monde peut apprendre”.

Nous aimerions que nos voisins du monde nous voient non pas comme les champions (même réticents) d’un mode de vie sobre et à faible émission de carbone que d’autres vont devoir imiter, non pas (comme certains le préfèrent tranquillement) comme des peuples qu’il vaut mieux garder pauvres et préindustriels pour le bien de la planète, mais plutôt comme une région importante du globe où l’esprit, le désir et la nécessité sont les moteurs d’un changement dont les bénéfices se partagent, un continent qui peut inspirer nos semblables dans le monde entier.

Nous pensons, par exemple, au plus récent lauréat du Prix, la société Wecyclers, à Lagos au Nigeria, la plus grande zone urbaine de notre continent avec une population en croissance rapide de plus de 23 millions d’habitants. Au-delà de leur contribution à l’environnement, en retirant les déchets de la rue, les responsables de Wecyclers ont développé un modèle permettant d’induire un changement social positif pour certaines des personnes les plus pauvres du monde en les aidant à générer de la valeur à partir de ce qui était auparavant jeté.

Nous pensons à Farmerline au Ghana, lauréat du Prix Afrique 2017, dont l’approche basée sur la technologie aide les agriculteurs à anticiper le changement climatique en les orientant vers des adaptations de leurs cultures et de leurs élevages qui leur permettront de profiter au mieux des tendances à venir dans les schémas météorologiques locaux.

Nous pensons à nos amis burundais d’Adisco, dont l’objectif est de favoriser la résilience des zones rurales où vit encore la moitié des Africains. Ils ont mis au point un modèle alternatif qui permet de préserver la biodiversité et d’accroître la productivité afin de doubler les revenus des agriculteurs pauvres avec la fertilité de leurs sols qui augmente. Ainsi, personne n’est laissé seul face à des défis tels que les inondations dévastatrices de l’année dernière qui ont frappé la zone de Gatumba – une démonstration claire et actuelle de l’impact du changement climatique en Afrique centrale.

Et nous pensons même aux avocats de BarefootLaw en Ouganda. Leur innovation dans la résilience consiste à faire valoir simplement (bien sûr, ce n’est pas simple…) et de manière abordable les droits à la terre des Ougandais ordinaires. Alors que la productivité fluctuante des exploitations agricoles causée par le dérèglement climatique augmente le risque de litiges sur les droits de propriété et d’exploitation du sol.

Nous pourrions continuer ainsi. Ce ne sont là que quelques exemples de la manière dont des millions d’Africains, de femmes et d’hommes entreprenants à travers le continent, motivés par la volonté d’améliorer la vie de leurs communautés, travaillent avec les nouvelles technologies, avec la sagesse locale et dans le respect du monde naturel pour surmonter les problèmes causés ou aggravés par le réchauffement climatique.

L’Afrique abritera près d’un quart de la population mondiale d’ici 2050. Outre le renforcement des institutions publiques et de l’État de droit, nous pensons que l’innovation sur notre continent, qui vise souvent à créer des impacts sociaux en réponse à la pauvreté passée et aux menaces environnementales imminentes, n’est pas seulement une réponse à nos propres défis et une opportunité pour l’Afrique, mais peut servir d’exemple inspirant pour le monde entier.

Nous vous souhaitons de réussir à faire de cette conférence des Nations unies sur le changement climatique un succès pour tous les peuples du monde. Et nous sommes prêts à faire en sorte que l’Afrique contribue à ce succès.

Très respectueusement,

Gerald Abila, fondateur de BarefootLaw (Ouganda)
Bilikiss Adebiyi-Abiola, fondatrice de Wecyclers (Nigeria)
Alloysius Attah, fondateur de Farmerline (Ghana)
Tonee Ndungu, fondateur de Kytabu (Kenya)
Deogratias Niyonkuru, fondateur d’Adisco (Burundi)
Ousmane Sy, ancien ministre, fondateur du Cepia (Mali)

 

* Le Prix Roi Baudouin pour le développement en Afrique, communément appelé le KBF Prix Afrique / Africa Prize, est décerné tous les deux ans par la Fondation Roi Baudouin, basée à Bruxelles, à des personnes ou des organisations africaines qui améliorent de manière significative la qualité de vie des personnes qu’elles servent et qui donnent aux gens les moyens de prendre en main leur développement.

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